AUSTRALIE – THE ROADTRIP DANS LE RED CENTER

THE ROADTRIP DANS LE DESERT AUSTRALIEN

Des routes droites à perte de vue, pas une âme à part les kangourous et les quelques pauses dans les roadhouses pour faire le plein d’essence : notre aventure dans le red center australien.
Toute personne sensée prend plutôt un vol depuis Melbourne ou Sydney pour Alice Springs (au beau milieu de l’Australie). Mais nous on le fera par la route. En effet l’étape n’était pas prévue au départ et c’est après de nombreux échanges avec d’autres voyageurs croisés en Asie que l’on s’est dit qu’on ne pouvait pas louper cette pépite. Et bien nous en a pris, c’est probablement la partie du trip que l’on a préféré (avec la grande barrière de corail, mais ça c’est pour le prochain épisode!).

Quelques chiffres pour présenter ce roadtrip :

10 jours
4500 km d’Adélaide à Airlie Beach et 3 états traversés (South Australia, Northern Territory, Queensland)
50L d’eau en cubis + 70L d’eau en réservoir
40 degrés en moyenne la journée (et pas beaucoup moins la nuit)
 200 000 mouches collantes à en devenir fou
4 merveilles naturelles : Uluru, Kata Tjuta, Kings Canyon et le West MacDonnell National Park
1 aventure de folie, 1 coup de coeur

Etape 0 : la préparation

Un roadtrip dans le désert ça se prépare. Et oui on peut facilement faire 300km sans une station service ou un point d’eau. Du coup on repère à l’avance les stations services (ou roadhouse) afin de préparer un peu les étapes. On repère aussi les freecamps sur le chemin pour passer la nuit (sur l’application Campermate). Autre contrainte, en changeant d’état il faut jeter tous les fruits & légumes sous peine d’amende, pour éviter l’introduction de nouvelles bactéries entre les états (oui oui au sein du même pays). Pas très pratique pour faire ses courses. A notre grand désespoir nous abandonnons donc notre très chère salade du midi et passons au sandwich / pâtes / conserves pour la semaine.

En revanche on avait lu qu’il était impossible de le faire en van et que surtout ça ne valait pas le coup de faire tous ces kilomètres : on n’est pas du tout d’accord ! Il n’y a absolument aucun risque à rouler jusque Uluru, les routes principales sont en excellent état (meilleur même que sur la cote est)et si ça ne vous dérange pas de conduire franchement les paysages sont magnifiques et c’est une aventure totalement inédite de ne croiser vraiment personne à part les routiers dans leurs roadtrains (les camions avec 3 ou 4 remorques). Avec notre petit van qui n’était absolument pas 4×4 on n’a juste du abandonner l’idée de prendre des pistes trop longues (comme la Mereenie loop). On s’interdit également de rouler de nuit, c’est là qu’il y a le plus de chance de percuter un kangourou car ils sont attirés par les phares des voitures. Déjà qu’en plein jour on se fait vite surprendre, alors la nuit on ne vous raconte pas! Et un kangourou peut faire jusqu’à 90kg … En étant bien organisé, il n’y a donc absolument aucun souci à se lancer. Conseil d’ami : faire le plein dés qu’on croise une station car déjà qu’il n’y en a pas beaucoup, plus on avance et plus l’essence est chère ! Jusqu’à 2$ le litre (vs 1,2$ sur la cote est quand on y était par exemple).

Etape 1 : Rejoindre Uluru

Adelaide > Uluru : 1600km

Nous partons d’Adélaide, sur la cote sud de l’Australie pour une journée de route, de lignes droites et de premiers dépassement de roadtrains en étant pas à l’aise à l’aise – ils peuvent faire jusqu’à 50m de long. Nous ferons étape à Coober Pedy, au milieu des mines d’opales. On y arrive juste pour le coucher de soleil sur un free camp à l’écart de la route, parfaitement désertique (c’est l’humeur du moment !).

Deuxième jour, on se lève aux aurores et la température commence déjà à monter. Nous aurons expérimenté, la veille, nos premiers désagréments avec les mouches collantes du désert, mais on ne se rend pas encore vraiment compte de ce qui nous attend … L’objectif est de rejoindre Uluru en fin de journée afin de pouvoir assister au coucher du soleil. 800km de lignes droites à avaler, mais on se motive et on branche nos meilleures playlists ! On peut vous dire qu’on a réviser nos classiques des années 80 à 2018 😉 Rien de bien divers sur la route mis à part les quelques roadhouses qui nous ravitaillent en essence et en café ! Certaines sont pour le moins originales, comme une dédiée à nos amis les aliens #rencontredutroisièmetype.

Nous roulons bien – il faut quand même préciser qu’ici les bouchons ne sont pas vraiment un problème – et nous arrivons en fin d’après-midi dans la charmante « ville » d’Uluru. Ville ou plutôt village vacances géant avec son camping, son bar, son mini market et voila … Ici pas de camping gratuit, l’ensemble de la zone est protégée et sur des terres aborigènes, on cède donc à l’emplacement payant, piscine et douche à la clé!
Et surtout on se récompense de ces 2 jours de conduite non stop par un magnifique coucher de soleil face au célèbre rocher d’Uluru ! Dès les premiers instants où on l’aperçoit on tombe sous le charme. En soit ce n’est qu »un rocher » au milieu du désert, mais il y a tant de spiritualité et de mythes associés à ce lieu que la magie opère. Petit moment d’émotion quand les premiers rayons du couchant illumine le rocher d’un rouge flamboyant !
Uluru flambe puis s’éteint dès le soleil disparu #quiatouchélinterrupteur

Etape 2 : Uluru & Kata Tjuta

Après l’émotion du coucher de soleil nous décidons d’aller se frotter au lever de soleil sur Uluru. Si nous avons eu beaucoup de chance pour le coucher de soleil, étant presque seuls sur notre emplacement, nous retrouvons pour le sunrise les cars de touristes et les perches à selfies. Après ces derniers jours de presque isolation ça nous met un coup. C’est beau, même très beau, mais l’expérience en devient trop touristique à notre gout ! Heureusement les cars ne s’éternisent pas, font un petit tour du rocher et filent sur un autre site.
On décide pour notre part de faire la visite du site avec un des rangers du parc. La visite est gratuite et le ranger détaille les us et coutumes aborigènes associés à ce lieu. Nous avons de la chance nous tombons sur l’un des rangers aborigènes du parc qui nous en dit plus sur la culture mais aussi la situation actuelles des communautés aborigènes d’Australie. Petit coup de gueule en passant : on arrête de monter sur le rocher qui est considéré comme sacré pour les aborigènes ! Le gouvernement repousse l’interdiction de crainte de voir baisser le nombre de touristes à venir mais franchement le site est tout aussi prenant sans avoir besoin de l’escalader !

Après Uluru et son histoire nous filons au fond du parc découvrir les autres formations rocheuses de Kata Tjuta. En effet il n’y a pas que le mythique rocher à Uluru ! Le site vaut également le détour et est complètement désert. On comprend vite pourquoi, il est presque midi et la chaleur devient totalement accablante. Et on ne parle même pas de l’attaque de centaines de mouches à la recherche de la moindre source aqueuse : leurs endroits préférés : les oreilles, les trous de nez et le coin des yeux #saletés
On fabrique comme on peut des turbans pour se protéger mais c’est plutot un échec ! on devra céder au filet à mouche à la prochaine étape et assumer nos têtes de vainqueurs.

Après une pause déjeuner où nous avons perdu les 3/4 de notre beurre en 5mn au soleil nous reprenons la route. Et oui, en van, le meilleur remède à la chaleur est de rouler #mercilaclim. Direction donc King’s Canyon, situé à 300km d’Uluru.

Etape 3 : King’s Canyon

Un site moins connu et pourtant ce sera notre site préféré ! Personne à l’horizon et une super rando aux aurores. Nous avons opté pour la Rim Walk et nous n’avons pas été déçus. Le sentier ferme à 11h, et il est conseillé de démarrer le plus tôt possible pour éviter la chaleur. Des conseils contre la déshydratation sont d’ailleurs placardés un peu partout. En soit rien de très compliqué. Une petite grimpette pour atteindre la crête du canyon puis le sentier évolue à plat sur les sommets. Des vues incroyables, un air de far west et de grands parcs américains : magique !

Retour avant midi, proche de l’insolation mais le pire est évité ! On reprend une nouvelle fois la route pour trouver du frais et faisons étape sur la route des West MacDonnell peu après Alice Springs.

Etape 4 : Alice Springs & le West MacDonnell National Park

On ne déroge pas à la règle, dans le désert c’est matinée rando et après-midi repos / sur la route. Et encore une fois nous partons au petit matin pour une superbe randos, dans le parc national des West MacDonnell cette fois ci. Une jolie boucle de 3h dans une vallée verdoyante même si légèrement asséchée. Et oui, il y a même du vert dans le désert !

Etape 5 : Rejoindre Airlie Beach en 3 jours

Notre périple dans le désert touche à sa fin – ou pas ! Il nous reste encore plus de 2200 km pour rejoindre la ville d’Airlie Beach sur la côte est. Nous reprenons donc notre rythme café / ligne droite / dej / café / ligne droite, ligne droite, attention kangourou !, ligne droite … Jusqu’ici tout va bien jusqu’à l’incident !

Le ciel s’assombrit, l’atmosphère devient humide pour la première fois en 10 jours, un bel orage sous 40 degrés éclate. Et c’est à ce moment là que notre pneu gauche avant décide de faire de même. Sur une ligne droite, pas d’obstacle, rien, juste le pneu qui éclate et le van qui zigzag. Heureusement Arnaud comprend vite de quoi il s’agit et dit à Mathilde de s’arrêter doucement (moi je pensais à un aquaplanning…)… ouf pas de casse ! On sort sous la pluie battante et on constate les dégâts : pneu mort, enjoliveur disparu, il est 17h, il nous reste 90km avant la prochaine ville et 1h de jour; pas de réseau téléphonique, personne à l’horizon, nada. Heureusement nous avons tout à disposition pour essayer de réparer les dégâts, première fois pour tous les 2, on est ravis. On sort le manuel, le cric, la roue de secours et Arnaud s’y met et s’en sort comme un chef. Un routier puis un autre s’arrêtent pour proposer leur aide, « no thanks mate, we’re all good » !

On retrouvera ces gentils routiers dans la ville de Winton, première bourgade après une bonne heure et demie à rouler à 70km/h. La pluie s’arrête, on trouve un hôtel restaurant en mode western américain qui accepte que nous nous garions dans son jardin. On tente de joindre l’assurance et la société de location, bien sur c’est samedi soir, donc dimanche le lendemain et tout les garages de la ville seront fermés. Le lendemain, on acte donc avec l’agence que l’on peut continuer à rouler (nous avons une vraie roue de secours et non une galette) puis on file continuer notre route jusque Airlie beach, encore 1500km, cette fois ci sans encombres !

C’est ainsi que s’achève notre périple dans le désert qui fut riche en émotion, tant par ses paysages, son isolement, que par ses aventures vécues. Et dire que nombreux sont ceux qui nous ont déconseillé cette route. Rouler pour y aller c’est vivre et comprendre le désert, son immensité et son aridité. Des souvenirs exceptionnels, sans aucun doute parmi les meilleurs notre roadtrip australien !


Pour la première partie de notre roadtrip, à Melbourne et la Great Ocean Road, c’est par ici

Pour la suite de notre roadtrip, sur la côte est australienne, c’est par ici

 

Bienvenue sur le blog de notre Tour du Monde ! Nous c’est Mathilde et Arnaud, ensemble depuis 9 ans et nous partons voyager 11 mois, l'année de nos 30 ans, le 3 Septembre 2017 !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.